Il est des sociétés comme la nôtre qui confondent parfois la solennité du diplôme avec la solidité de l’avenir.
Dans les universités comme dans les écoles de formation , la cérémonie de remise des titres est devenue un moment fort , presque sacré , où l’on célèbre l’aboutissement d’un parcours , la réussite visible , la promesse d’un avenir meilleur.
Mais à bien y regarder , cette célébration , aussi légitime soit-elle , ne doit pas masquer l’essentiel.
L’ objectif n’est pas seulement de délivrer un diplôme , mais de former des femmes et des hommes capables de réussir dans le monde réel.
Le diplôme , qu’il soit universitaire ou issu d’une école de formation , ne devrait jamais être réduit à un simple signe de distinction.
Il devrait représenter bien davantage une maîtrise des savoirs , une capacité d’adaptation , un sens du concret , une intelligence du travail et une aptitude à poursuivre l’apprentissage tout au long de la vie.
Or , dans un monde en transformation rapide , la valeur d’un titre ne réside plus uniquement dans sa reconnaissance symbolique.
Elle réside dans ce qu’il permet réellement de faire , de construire et de transmettre.
C’est ici que se joue le vrai débat.
J’en sais beaucoup et je le vis avec impuissance dans ma chair quand je vois les nombreuses sollicitations dont je fais l’objet quotidiennement soit pour des demandes de stage , d’emploi …
Trop souvent , les institutions d’enseignement se félicitent du nombre de diplômés qu’elles produisent , sans s’interroger suffisamment sur la qualité de l’ insertion , la pertinence de leurs compétences ou leur capacité à évoluer dans des environnements incertains.
Pourtant , qu’il s’agisse d’universités ou d’écoles de formation , la même exigence devrait s’imposer.
Il s’agit ici précisément de préparer des profils solides , agiles , responsables , capables de répondre aux besoins d’un marché du travail mouvant , mais aussi aux exigences plus profondes de la vie professionnelle et citoyenne.
Les écoles de formation ont , à cet égard , un rôle décisif.
Elles ne sont pas de simples passerelles techniques vers l’emploi , elles peuvent devenir des lieux d’excellence pratique , d’apprentissage appliqué , de professionnalisation réelle.
Lorsqu’elles sont exigeantes , elles rapprochent le savoir de l’action , la théorie de l’expérience pratique , l’ambition individuelle de l’utilité collective.
Elles rappellent qu’apprendre n’est pas seulement accumuler des connaissances , mais acquérir une capacité à agir avec justesse , méthode et discernement.
Le modèle éducatif doit donc changer de regard.
Il ne s’agit pas d’opposer les universités aux écoles de formation , ni le diplôme à la compétence , mais de refuser une vision trop étroite de la réussite.
La vraie question n’est pas de dire combien de titres avons-nous remis ?
La vraie question est celle de savoir que sont devenus ceux que nous avons formés ?
Sont-ils prêts à travailler , à innover , à s’adapter , à persévérer , à apprendre encore ?
La formation duale ecole -Entreprise en alternance a produit certes ses effets dans plusieurs organisations mais reste à etre étendue plus largement et semelle soit à la portée des apprenants.
Une société mûre ne juge pas seulement ses instituts à l’éclat de leurs cérémonies , mais à la force des trajectoires qu’elles rendent possibles.
Le diplôme doit rester un repère , non un alibi, il est une simple présomption de connaissance.
Les écoles de formation , comme les universités , doivent être évaluées à l’aune de leur capacité à préparer non des statuts , mais des destins.
Au fond, la question décisive n’est pas seulement celle de la réussite académique , mais celle de l’adéquation entre la formation et les réalités de l’emploi.
Former ne consiste pas à délivrer des titres déconnectés des besoins , mais à préparer des individus capables de trouver leur place , d’évoluer et de contribuer utilement dans un environnement professionnel exigeant et changeant.
C’est dans cette rencontre entre compétences acquises et attentes du monde du travail que se joue la véritable valeur d’un parcours de formation.
À défaut, le diplôme risque de n’être qu’une promesse incomplète.
À la hauteur de cette exigence , les instituts éducatifs ne sont plus seulement des lieux de transmission , mais des acteurs responsables de l’équilibre entre savoirs , compétences et débouchés.
Ibrahima MBAYE
Conseiller en Management Stratégique et Juridique des Entreprises : Option Ressources Humaines









