Par Babou Biram FAYE
Pour son premier match officiel à la tête des Lions de la Téranga, Patrick Vieira devra encore patienter avant de goûter à sa première victoire. À Maputo, le Sénégal a été tenu en échec par le Mozambique (1-1), dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027.
Un baptême de feu mi-figue, mi-raisin.
Cette situation me rappelle une expression entendue, à plusieurs reprises, au marché de Ouagadougou, au détour d’une négociation entre un marchand et un client discutant du prix d’une marchandise :
«C’est bon, mais ce n’est pas arrivé».
Une formule qui résume assez bien cette première sortie de l’ère Patrick Vieira.
Oui, c’est bon: il y a eu des séquences intéressantes, des intentions de jeu et un but de Nicolas Jackson.
… Mais, ce n’est pas arrivé.
Parce qu’au-delà des intentions, il a manqué cette efficacité, cette maîtrise et surtout ce supplément de tranchant qui permettent à une équipe, comme le Sénégal, de transformer ses temps forts en victoire.
Il ne faut, évidemment, ni condamner le nouveau sélectionneur, ni tirer des conclusions définitives après une seule rencontre. Un nouveau staff, une nouvelle méthode et un nouveau cycle nécessitent du temps.
Mais, le Sénégal reste le Sénégal.
Et lorsqu’on porte le maillot des Lions, les intentions ne suffisent pas : il faut des résultats.
Les anciens doivent montrer l’exemple
Il y a, également, un autre chantier, moins tactique, mais, tout aussi important : l’attitude des joueurs.
Les anciens de la Tanière doivent éviter de «faire la star». À l’image de ce que l’on semble parfois percevoir chez certains « cadres » ou joueurs désormais bien installés (Pape Gueye, Pape Matar Sarr, Lamine Camara, Nicolas Jackson, El Hadji Malick Diouf, Moussa Niakhaté, Ibrahima Mbaye, pour ne citer que ceux-là), le statut individuel ne doit jamais prendre le dessus sur le collectif.
Être un Lion, ce n’est pas, seulement, avoir du talent ou évoluer dans un grand club européen. C’est accepter les exigences de la Tanière, respecter le maillot et se mettre au service du collectif.
Aux nouveaux venus, le message est tout aussi clair : il faudra s’adapter, rapidement, au rythme et aux exigences de l’équipe nationale du Sénégal.
Car, cette équipe évolue avec une pression particulière. Elle est habituée à être attendue, observée et considérée parmi les équipes de référence du football africain. Le statut de favori n’est pas un privilège : c’est une responsabilité.
Les anciens doivent donc encadrer. Les nouveaux doivent apprendre. Les cadres doivent montrer l’exemple. Et tous doivent parler le même langage : celui du collectif.
Mardi prochain, face à l’Éthiopie, Patrick Vieira aura une nouvelle occasion de transformer le « c’est bon» en «c’est arrivé». Il a tout notre soutien, mais, doit, impérativement, entériner ceci:La CAN ne se gagne pas dans les promesses. Elle commence à se construire dans les actes.
BBF










