PAR SAMBA NDIAYE
Les rideaux viennent de tomber sur La Coupe d’Afrique des Nations ( CAN). Ce grain de sel du football mondial qui a réussi la prouesse de reléguer au second plan de grands événements sportifs comme Réal- Barça etc., continue de captiver toutes les attentions.
En effet, le football africain a toujours été un art et les africains des artistes pour l’animer et lui donner une facette moins mécanique et plus naturelle. C’est de notoriété publique. La seule tare que nous traînions jusque-là était d’ordre tactique. Aujourd’hui, le déficit a été comblé de la meilleure des manières, avec comme cerise sur le gâteau la présence de 4 entraîneurs africains dans le dernier carré ( THIAW, REGRAGUI, MICHEL et HASSAN ).
L’EQUIPE, SON JEU ET SES LIGNES
Notre équipe nationale a été le prototype de ce modèle de jeu africain, alliant le naturel alléchant à la maîtrise tactique solidaire, oū même les jeunes débutants Mamadou SARR et Ibrahima MBAYE ont pu trouver très rapidement leurs aises et repères.
Pour autant, tout est loin d’être parfait. En football, vous avez des adversaires en face qui décortiquent votre jeu et cherchent les meilleurs schémas pour vous contrarier.
Sous ce rapport, en profane j’ai décelé des failles dans notre dispositif opérationnel sur le terrain.
Ainsi, l’excellent Edouard MENDY, intraitable sur sa ligne de but a tendance à faire des relances dans l’axe. Mais au fur et à mesure des matchs, il s’est nettement amélioré.
Je voudrais juste attirer l’attention sur le fait que des buteurs aguerris , comme MBAPPÉ et HAALAND, nos prochains adversaires au mondial, observent et ne nous feront aucun cadeau par rapport à certaines failles.
Notre solide défense, avec seulement 2 buts encaissés durant toute la compétition, a tout de même été marquée par un axe central qui semblait lourd et commettait beaucoup de fautes dangereuses, puisque souvent situées à l’entrée de la surface de réparation. Il est vrai qu’à partir des 1/4 de finale, même face à de redoutables équipes, nous n’avons plus concédé de but. Ce qui dénote une véritable progression à ce niveau.
Notre milieu de terrain a mené des combats épiques face à nos différents adversaires. L’entraîneur national a eu à y tester plusieurs joueurs dans divers schémas . Des marges de progression sont possibles dans l’animation pour faire meilleure figure au mondial. En attendant, il serait intéressant de faire le point sur le nombre de balles perdues dans l’entre jeu, pour parer aux fulgurants futurs contre-attaques auxquels nous serons soumis.
Sur le front de l’attaque, l’équipe a mis le feu avec 13 buts marqués. Nos talents en or ont pesé dans les défenses adverses à partir de stratégies offensives bien élaborées . Ceci fait penser que Pape Thiaw a trouvé l’équilibre et la complémentarité qu’il cherchait dans ses différentes lignes. Par contre, combien d’occasions franches ont été manquées ? L’encadrement technique a un chantier colossal devant les buts .
En somme dans le jeu, les profils de joueurs utilisés en fonction des situations ont confirmé avec force les propos de l’entraîneur Pape THIAW, à savoir que tous sont susceptibles d’être des titulaires. Cela s’est avéré au fil de la compétition.
Au regard de toutes ces considérations, on peut valablement affirmer, au crédit du staff technique, que le jeu des lions est resté très cohérent. Et tel un rituel footballistique, il a permis à notre équipe nationale de faire de brillants résultats :
- 6 victoires sur le terrain dont 1 seule en prolongation ;
- 1 match nul en phase de poule.
Comparativement, le Maroc médaillé d’argent a glané 4 victoires sur le terrain, 2 nuls dont 1 transformé en victoire aux tirs aux buts , 2 prolongations et 1 défaite en finale.
Dès lors, le nouveau classement de la FIFA au lendemain de la finale, maintenant le Sénégal à la 2ème place derrière le Maroc, peut sembler bizarre. Cependant, cela ne devrait pas mettre en doute le système de notations mis en place par l’instance mondiale, si l’on sait que les 2 meilleures équipes africaines de son classement, sont arrivées en finale de la CAN.
LE PEUPLE, LE PRÉSIDENT ET LE 12ème GAÏNDÉ

Par ailleurs, toute narration de cette compétition ne peut manquer de pointer le marqueur sur nos supporters.
Le 1er parmi eux, le Président Bassirou Diomaye FAYE, après avoir remis le drapeau national à la délégation officielle, n’a jamais manqué une seule fois l’occasion de galvaniser l’équipe à travers des messages profonds et de haute portée symbolique.
Pour ce qui est du 12eme GAÎNDÉ, il a mis en exergue son unité, sa solidarité et son harmonie à tous points de vue. Les bagarres survenues au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat lui ont été imposées et toutes les violences qui en sont issues sont à condamner.
Le peuple sénégalais et sa diaspora ont fait preuve d’humilité et de grandeur pendant toute la compétition. J’en veux pour preuve l’absence totale de manifestations de joie d’envergure, avant la finale, alors que toutes les victoires étaient belles.
En fait, le public sénégalais en vrai connaisseur, s’était fixé un seul objectif; atteindre l’ultime match. Il avait foncièrement conscience que son équipe en avait les moyens humains, de même que les potentialités techniques, tactiques et physiques. La suite lui a donné parfaitement raison. Il est donc compréhensible que ce même peuple ait pu rendre un hommage inoubliable à son équipe qui est rentrée avec le trophée.
Il serait injuste d’évoquer les supporters sans magnifier la cohésion et l’entente entre sénégalais et marocains durant toute la compétition, avant que tout bascule comme un château de cartes lors de la finale.
Tout cela ne saurait remettre en cause l’éclatante victoire de nos lions, largement méritée, au regard du jeu produit, des statistiques générées en termes de possession de balle et de goal-average (+ 11 }, pour 7 matchs .
L’ARBITRAGE, LE FAIR-PLAY, LES COMPLAISANCES
Bien entendu, je ne peux omettre de parler de l’arbitrage qui est encore au cœur de tous les débats. Décrié parfois à tort , il a eu bon dos par moment, du fait d’un manque de fair-play de certaines équipes perdantes. Malheureusement, il s’est auto-noyé littéralement lors de la finale, en prêtant le flanc.
Comment comprendre qu’un seul joueur marocain n’ait pas eu de carton jusqu’à l’incident sur le penalty ? Pourtant, tous les observateurs honnêtes ont dû noter les agressions et actes d’anti jeu menés sur nos joueurs par le numéro 24 EL AYNAOUI , pour ne citer que lui .
Que dire du refus anticipé du but sénégalais, alors que HAKIMI cherchait manifestement à faire obstruction sur SECK ?
Quand au penalty accordé au Maroc, les anciens arbitres avertis, expérimentés et aguerris dont j’ai suivi les analyses, ont estimé que le geste de DIOUF sur DIAZ (que celui-ci a délibérément amplifié), ne devait pas être sifflé, surtout dans le contexte d’une finale arrivée à son terme.
Malheureusement pour le football africain, les arbitres de la finale ont étayé toutes les suspicions portées sur leur corporation durant toute la compétition .
Ces lacunes arbitrales n’ont véritablement pas inhibé le beau jeu, la créativité et les belles prestations voulues par les acteurs . Pour boucler la boucle, nous avons eu droit à une finale de rêve qui a tenu toutes ses promesses sur le terrain .
Toutefois, je ne peux manquer de souligner un acte catastrophique et condamnable de l’actuel ballon d’or africain Hachraf HAKIMI. Ce dernier qui faisait l’unanimité sur sa distinction, s’est rabaissé en imitant des ramasseurs de balles et autres remplaçants marocains, pour s’emparer et jeter derrière les barrières de sécurité la serviette de Mendy. S’il y a un seul titre qui mérite d’être remis en cause , c’est celui de ballon d’or décerné à Hakimi qui a démontré à la face du monde qu’il était un contre exemple. Certainement les excuses publiques qu’il a présentées plaideront en sa faveur auprès des organisateurs du ballon d’or et de la CAF.
Malheureusement, encore une fois, les défaillances du corps arbitral adossées à une complaisance du comité d’organisation de la finale et de la CAF, ont été manifestes. Sinon comment comprendre qu’aucune sanction immédiate n’ait été prise face à ce jeu de serviettes ?
LE NIANTHIO NATIONAL SADIO MANÉ, LE SAUVEUR

Heureusement pour notre continent, les ballons d’or exemplaires, il y’en a et notre NIANTHIO national Sadio MANÉ en est la parfaite illustration. Non seulement MANÉ a éclaboussé la CAN de son talent et de sa combativité, mais aussi et surtout, il a fait étalage de sa sagesse et de sa lucidité dans des moments très troubles .
Je peux l’affirmer de façon péremptoire, Sadio MANE a été le SAUVEUR du Sénégal lors de cette finale. En plus d’avoir permis la poursuite du jeu, par ricochet il a surtout évité à notre équipe nationale et à son entraîneur Pape THIAW des sanctions qui auraient sonné le glas de notre football.
C’est ce footballeur exceptionnel qui a été désigné objectivement et tout naturellement meilleur joueur du tournoi. ENCORE MERCI NIANTHIO.
LE NOUVEL ORDRE SPORTIF ANTI-AFRICAIN ?
Tout a commencé par un brusque changement dans les délais de libération des joueurs africains pour rejoindre leurs équipes nationales. Ensuite, il y a eu la suppression du CHAN et la périodicité de la CAN portée de 2 à 4 ans à partir de 2028. Toutes ces décisions de la FIFA ne peuvent évidemment pas être perçues de façon anodine par les Africains. Toutefois, chacun pourra en faire sa propre lecture.
À cela, sont venues s’ajouter des menaces de sanctions bien coordonnées, mais bizarrement orientées uniquement sur le Sénégal. Ainsi, la FIFA et la CAF ont précipitamment mis l’épée de Damoclès sur nos têtes, et tout naturellement la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a saisi la balle au rebond pour entrer dans la danse à travers un communiqué.
Mais je suppose que ces instances savent qu’ « ON NOUS TUE MAIS ON NE NOUS DÉSHONORE PAS » ?
Sous ce rapport, si elles visionnent minutieusement la 107eme minute du match, quand l’attaque marocaine s’est terminée sur la barre transversale et tout le ping pong qui s’en est suivi, elles comprendront mieux avec cette symbolique temporelle dans le match notre grande capacité de résilience et la baraka qui caractérisent notre nation.
Le NOUVEL ORDRE SPORTIF MONDIAL voudrait-il aussi que nos représentants au Maroc se taisent et subissent allègrement une défaite préfabriquée et programmée ?
C’est une lapalissade de dire que l’algorithme d’une défaite de notre équipe nationale n’ayant pas fonctionné, des fauves ont été lâchées pour dévorer le Sénégal par la plume. Mais, c’est peine perdue, car aux yeux des peuples du monde, cela n’oblitèrera en rien notre victoire acquise de haute lutte sur les belles pelouses du royaume chérifien.
LA PROCHAINE COUPE DU MONDE
Désormais , la Fédération Sénégalaise de Football ( FSF) qui mérite tous nos encouragements doit faire cap vers le prochain mondial. De ce point de vue, nous devons tous avoir en tête l’idée que cette 2ème étoile est devenue subitement un lourd fardeau, en ce sens que notre equipe nationale sera attendue et n’aura pas le droit de faire moins que le Maroc en 2022. Aussi, se dresse devant nous un énorme défi. Mais « YALLA BAKHNA ».
D’où ce message que chaque citoyen peut adresser aux lions « FONCEZ POUR LA PATRIE, LE PEUPLE VOUS SOUTIENT ET D’AUTRES RÉCOMPENSES VOUS ATTENDENT »
L’ABSENCE DE SERIGNE ABDOUL AZIZ SY DABAKH
Enfin, dans ces moments de tension que nous vivons face à nos éternels frères marocains, le seul grand regret, c’est l’absence de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh qui, en l’état, aurait fait un « khoutba » magistral et empreint de sagesse pour apaiser les coeurs . Il aurait également envoyé des émissaires à Rabat et à Fès pour arrondir les angles .
Que Firdawsi soit sa demeure éternelle. Aaamiiine
MERCI AUX LIONS DE LA TERANGA
Vive le Sénégal
Vive l’Afrique
Merci à tous nos soutiens à travers le Monde
Samba NDIAYE
- Amateur de Sport
- Ingénieur d’État, Homme politique Sénégalais








