PAR HABIB DEMBA FALL
Rien ne s’est donc passé! Rien qui mérite que le gouvernement du football mondial, la FIFA, reconsidère la dégringolade de l’équité, cette vertu qui fait la beauté de l’effort, donc du sport.
Rien ne s’est passé qui mérite qu’une âme juste trouve, à travers le persistant appel du coach marocain Regragui aux 200 décibels de sifflets contre les Sénégalais une invite au massacre de l’élégance, au-delà d’un simple concert banal dans un stade de football. Appel qui, disons-le, pue la peur.
Il ne s’est rien passé qui mérite un rappel à l’ordre sur la propension des stadiers marocains à prendre voire arracher les serviettes du gardien nigerian puis de son homologue sénégalais Mendy. Y compris jusqu’à prendre en chasse et rudoyer le gardien remplaçant Diouf. Décevant lorsque Hakimi, capitaine ayant reçu le trophée du Fair-play pour son pays, s’y est mis. Quel pied-de-nez à la morale sportive! Il ne s’est passé lorsque Birahim Diaz somme presque l’arbitre de consulter le VAR puis rate son penalty par suffisance en tentant une Panenka qui aurait humilié le goalkeeper Mendy et le Sénégal. Penalty capté, une humiliation pour Diaz. Il ne s’est rien passé et le but a été refusé à Ismaïla Sarr. Que personne ne cherche donc à faire croire qu’il aurait échoué volontairement à cet exercice par souci de justice.
Rien ne se passe et, suprême miracle, Regragui, qui a lancé la meute enragée des tribunes aux trousses des Lions, prend la place de victime et d’apôtre du football. Malhonnêteté? Non, rien ne se passe depuis que la Tanzanie pleure un penalty potentiel plus net que celui loupé par Diaz les pieds englués dans le karma.
Rien ne se passe depuis que le Cameroun pleure sa renaissance acidifiée. Rien ne se passe depuis que le Nigeria dénonce un antre outrancièrement inhospitalière.
Rien ne se passe, sauf que la FIFA et sa vassale la CAF restent de piètres apôtres de la gouvernance mondiale si inéquitable. Rien ne se passe, sauf des Lions qui ont lutté « comme des hommes », emmenés par un Mané inspiré par El Hadj Diouf et un Claude Le Roy viscéralement attaché au Sénégal après l’avoir conduit aux CAN de 1990 et 1992. Il n’a pas gagné le trophée, mais a sauvé quelque part la conquête de ce trophée.
Contrairement à Le Roy, Infantino infantilise l’éthique du sport. Misère de la CAF et lui de la FIFA feraient mieux de rétablir l’image d’institutions du football justes. Au cas contraire, s’insurger contre l’injustice est une forme d’expression d’un militantisme pour la justice. Sans concession.
HDF









