Président du Mouvement PROGRES, Djibril Ba, ingénieur agro-économiste et financier, titulaire d’un MBA en financial management et doctorant en sciences économiques et gestion, livre son analyse sur la situation économique, politique et sociale du Sénégal. Dans cet entretien, il clarifie la position de son mouvement face aux tensions apparentes au sommet de l’État et explique son choix en faveur de Diomaye Président, détaille l’engagement concret de ses militants dans l’avènement du nouveau régime et évoque la préparation des célébrations de l’Indépendance à Thiès, tout en appelant à la responsabilité et à la mobilisation citoyenne.
KINKELIBAA: Après la rencontre organisée hier par la coalition du Premier ministre Ousmane Sonko, qui fait suite à celle initiée par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye, une question se pose : dans quel camp se situe aujourd’hui le Mouvement Progrès ?
Le Mouvement Progrès se situe clairement dans le camp de la coalition Diomaye Président, conduite par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye, porteur du projet. C’est un choix de cohérence politique et de responsabilités. Nous ne sommes pas en campagne électorale mais l’heure est au travail et d’accompagner l’action de l’Etat et du gouvernement.
Nous avons mouillé le maillot pour son élection parce que nous avons cru à l’idéologie et la philosophie du projet pour le Sénégal, et nous avons également travaillé à lui assurer une majorité parlementaire afin de lui donner les moyens d’agir. Les archives relatives à nos descentes de terrain pour defendre le projet de rupture sont toujours disponibles.
Le Mouvement PROGRES s’inscrit donc dans la volonté de rupture et de transformation attendue par le peuple sénégalais dans la paix, la solidarité, l’ouverture et la justice.

K: Quelles sont les raisons qui pourraient justifier le choix de soutenir la coalition Diomaye plutôt que APTE?
Soutenir la coalition Diomaye Président relève d’abord d’une cohérence politique. Les Sénégalais ont porté Bassirou Diomaye Faye à la tête du pays même si le premier ministre y a joué un rôle remarquable et incontestable; il est donc logique, en tant que républicain, d’accompagner et de soutenir la dynamique politique issue de ce choix souverain. Il nous reste encore du temps pour 2029. Lou neh hadie nafi.
C’est aussi une question de fidélité aux principes : nous avons défendu un projet de rupture, de souveraineté et de refondation de l’État. Accompagner le Président de la République c’est participer à la mise en œuvre du référentiel, de la Stratégie Nationale de Développement (SND), du Plan de Redressement Économique et Social (PRES). Bref c’est participé activement au développement de notre pays.
Enfin, dans un contexte d’attentes sociales fortes, nous pensons que la responsabilité politique consiste à consolider la majorité qui porte le projet choisi par le peuple, plutôt que de disperser les forces du changement.
“Les Sénégalais ne doivent pas céder aux interprétations alarmistes”
K: Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des difficultés économiques persistantes, comment convient-il d’interpréter les tensions apparentes entre le Président de la République et son Premier ministre, et dans quelle mesure celles-ci sont-elles susceptibles d’affecter la cohésion au sommet de l’État ?
Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des difficultés économiques persistantes, il est essentiel d’aborder cette question avec lucidité et responsabilité. Les Sénégalais ne doivent pas céder aux lectures hâtives ou aux interprétations alarmistes. Dans toute dynamique de transformation profonde de l’État, il peut exister des débats, des discussions et parfois des divergences d’appréciation entre les différentes têtes de l’exécutif. Cela relève du fonctionnement normal d’une gouvernance vivante et engagée.
L’essentiel demeure la vision partagée et le cap fixé : celui de la refondation de l’État, de la souveraineté nationale et de la réponse concrète aux aspirations des populations. Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est porteur d’un projet politique né de la volonté populaire et adossé à un engagement clair envers le changement.
Dès lors, il ne s’agit nullement d’une crise susceptible de fragiliser la cohésion au sommet de l’État, mais plutôt d’une phase normale d’ajustement dans la mise en œuvre d’un projet ambitieux. Pour les forces militantes et les citoyens engagés, l’essentiel est de rester mobilisés autour de cette vision commune et de soutenir les réformes engagées pour bâtir un Sénégal plus juste, souverain et prospère. Enfin, il suffit juste que chacun fasse preuve de retenue, de patriotisme et de lucidité pour que tout soit dans l’ordre au profit de la nation.
K: Autre actualité majeure : la ville de Thiès s’apprête à accueillir les célébrations de la fête de l’Indépendance. Comment appréciez-vous les efforts engagés par le maire Babacar Diop pour relever ce défi organisationnel ?
Les efforts engagés par le maire Babacar Diop méritent d’être salués, car accueillir la Fête de l’Indépendance du Sénégal constitue un défi organisationnel majeur pour toute ville. La mobilisation observée traduit une volonté claire de préparer cet événement dans les meilleures conditions et de permettre à Thiès d’être à la hauteur de ce rendez-vous national.
Au-delà des aspects logistiques, c’est aussi une opportunité pour la ville de valoriser son image, son sens de l’hospitalité et sa capacité d’organisation. Si cette dynamique se poursuit avec l’implication de toutes les forces vives, Thiès pourra offrir au Sénégal une célébration digne de son histoire, ses potentialités et de sa portée symbolique.
“Certains reprochent au maire Babacar Diop une démarche individuelle”

K: Cependant, des tensions semblent apparaître avec certains autres maires. Comment analysez-vous ces divergences ?
Certaines incompréhensions observées entre maires trouvent effectivement leur origine dans des perceptions différentes de la gouvernance et de la concertation. Des voix se sont élevées pour reprocher au maire de la ville, Babacar Diop, une démarche jugée parfois trop individuelle, notamment à travers certaines initiatives ou audiences menées directement avec le chef de l’État. En toute franchise, le maire de la ville, à travers un forum et d’autres cadres, a pris toutes les dispositions pour impliquer tous les fils de Thies dans l’organisation de ce défilé.
Cependant, il est important de souligner que ces incompréhensions ont rapidement été prises en charge au plus haut niveau. Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans un esprit d’équité et d’apaisement, a tenu à recevoir également les autres maires afin de rétablir un climat de confiance et de concertation.
(…) Au fond, ces épisodes rappellent surtout l’importance du dialogue institutionnel et de la coordination entre élus, afin que les initiatives individuelles s’inscrivent toujours dans une dynamique collective au service des populations.
K:Dans la perspective de l’organisation de la fête nationale à Thiès, dans quelle mesure la ville est-elle en capacité de relever ce défi organisationnel, et quelle contribution concrète le Mouvement Progrès entend-il apporter à la réussite de cet événement d’envergure nationale ?
Thiès est plus que prête à relever ce défi, forte de son dynamisme, de son expérience et de l’engagement de ses acteurs locaux. Le Mouvement Progrès s’investit pleinement pour garantir le succès de cette célébration : mobilisation de nos militants, coordination logistique sur le terrain, sensibilisation des populations et accompagnement des autorités locales. Notre objectif est clair : faire de cette fête nationale un moment de rassemblement, de fierté et de cohésion pour tout le Sénégal, en illustrant par l’action concrète notre fidélité à la vision d’un pays souverain, uni et engagé.
K: Enfin, quel message adressez-vous aux Sénégalais qui, aujourd’hui, expriment une certaine déception à l’égard du régime en place ?
Leur dire que Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye a compris leurs frustrations et partage leus préoccupations face aux défis qui traversent notre pays. Mais rappelons-nous que la construction d’un Sénégal juste, prospère et souverain ne se fait pas en un jour ni sans efforts collectifs. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de votre engagement, de votre vigilance et de votre foi en un avenir meilleur. Ensemble, dans l’action et la solidarité, nous pouvons transformer cette déception en énergie citoyenne, et contribuer à la refondation d’un État qui répond réellement aux aspirations de tous. Ne laissons pas le découragement nous détourner de l’espoir : notre avenir se construit par notre volonté commune et notre fidélité à nos valeurs.










