Dans toute communauté se réclamant de l’héritage de Seydina Mouhammad (PSL), le pouvoir n’est pas une conquête, mais un dépôt sacré confié. Dans notre république, le pouvoir n’est pas non plus un trône, mais un dépôt sacré confié. Parce qu’il est un dépôt sacré attribué par Allah via la Nation, le pouvoir n’est point le fruit d’une ambition personnelle, mais la charge d’un cœur dévoué à la paix, d’un esprit habité par la justice, d’une action consacrée à la préservation du bien commun et d’une parole dédiée à la promotion de la fraternité et de la convivialité.
En Islam, le pouvoir est une amanah, une responsabilité, non un trophée.
En République, gouverner n’est pas régner, gouverner c’est servir.
La synergie de responsabilité collégiale que le binôme nous avait promise ne doit pas se muer en une dyarchie de fait dans laquelle, à défaut de se renforcer par la saine collaboration du duo, le pouvoir se fragmente dans une concurrence indue et devient source de fracture dans les familles, dans la communauté et dans la nation.
Les querelles actuelles ne sont pas seulement annonciatrices d’une crise politique qui ne se justifie point : elles ouvrent une « fitna », une blessure sociale, une épreuve de foi dans laquelle la vérité se trouble, les cœurs se durcissent et les mots deviennent des lames tranchantes.
Lorsque deux dirigeants se disputent le même siège, la question qui interpelle tous leurs concitoyens, individuellement et collectivement, n’est pas « Qui a raison ? », mais « Qui agit pour la paix ? »
L’Islam et la morale républicaine ne condamnent pas seulement les dirigeants qui sèment la division, ils fustigent aussi ceux qui les y soutiennent ou encouragent. Y participer, même par la parole, même par le transfert WhatsApp, même par le silence approbateur, c’est renforcer la fitna et trahir la responsabilité morale qui incombe à chacun de protéger l’unité de la communauté ou de la nation. Le soutien à un camp pour des motifs partisans ou égoïstes est blâmable. C’est accompagner et soutenir les dirigeants vers la paix et la justice qui est louable et récompensé.
L’Islam encourage la neutralité vertueuse, la médiation et la réconciliation plutôt que le parti pris. Et les prescriptions d’Allah à cet effet sont sans équivoque :
« Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d’Allah et ne vous divisez pas. » (Sourate 3 Al Imrân – La famille d’Imrân, verset 103)
« Ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force. » (Sourate 8 Al Anfâl – Le butin, verset 46)
En Islam ou en République, le leadership n’est ni un droit naturel, ni une conquête partisane : c’est une responsabilité morale.
Celui qui cherche le pouvoir pour lui-même ou l’utilise pour régner, pour s’imposer ou pour se venger trahit le dépôt à lui confié.
Le dirigeant véritable ne se reconnaît pas à son prestige, mais à sa capacité à apaiser, à rassembler, à élever. Le pouvoir qu’il détient doit être source de miséricorde, non instrument de discorde. Et les citoyens, quant à eux, doivent prier et agir pour la sagesse de leurs dirigeants, non les encourager, encore moins les soutenir dans leurs querelles.
L’Histoire ne retient pas ceux qui ont vaincu leurs adversaires, mais ceux qui ont vaincu leur ego pour sauver la paix et l’harmonie de leur peuple. Elle retient aussi que ceux qui encouragent la division sont comptables de la désunion de la communauté.
L’unité, la paix, la vérité et la justice sont les héritages que Seydina Mouhammad (PSL) nous a laissés, non l’orgueil, la rivalité et les querelles.
En Islam comme en république, préserver ou rétablir la paix vaut mieux que mille victoires politiques.
© Tounk.A
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Yaa Allah,
Fais nous des croyants sincères et des citoyens suffisamment pénétrés de paix, d’unité et de responsabilité.
Emplis nous d’Islam, de discernement et de sagesse afin que nous œuvrions tous à la transformation de la dyarchie naissante en force de cohésion pour une gouvernance exemplaire par sa collégialité, sa transparence et son respect de l’ordre institutionnel.










