Ce n’était pas de la fumée blanche attendue pour fêter le Pape. Une première sur le banc des Lions de Pape Thiaw honoré d’un succès retentissant (4-0) qui a éteint les «Flammes» surnom donné à l’équipe du Malawi. Les «Flammes» ont vécu l’enfer à Abdoulaye Wade. Et le nouveau Pape de la tanière a réussi sa première messe avec les Lions. On épiait pourtant avec un espoir mêlé d’anxiété les premiers pas d’un Pape Thiaw intérimaire, mais à la science caricaturée par certains «suiveurs» de la tanière. Surtout la veille du match où le nouveau Pape s’est montré peu loquace, peu brillant face aux journalistes pressés de titiller son savoir discursif.
L’exercice d’explications du coach Pape s’est retrouvé sur les réseaux sociaux et cela suffisait déjà à le jeter aux orties. Lui pourtant a donné rendez-vous sur la pelouse pour être jugé. Seulement au Sénégal, où il faut de la gueule et des phrases de titi parisien pour emballer ses petites insuffisances, la Com de Pape Thiaw a été très vite prise pour cible. Le terrain a parlé pour Pape et il a été au rendez-vous. Pape a usé de tact, d’entregent parfois pour demander à Sadio Mané de se situer tout le long du front de l’attaque, au moment où le joueur de Al Nasr s’ennuyait sur le côté gauche du terrain. Il a eu du flair dans ses remplacements et très vite des changements comme pour apporter du sang neuf ont été opérés (Boulaye Dia, Idrissa Gana Guèye, Nampalys Mendy, Habib Diallo) ont apporté plus de souffle à une équipe qui trainait la langue.
Naguère, Aliou Cissé avec le brillant qui caractérise son parcours rechignait à surprendre son monde. Avec lui, il y avait peu de changements, peu de rupture dans le jeu, peu d’escapades offensives comme contre le Malawi même si l’équipe adverse jouait à dix.
En tout cas, à la fin du match, les sourires sur les visages des joueurs, la bonhomie sur le banc faisaient le procès sans y donner l’air de Aliou Cissé ? Et si c’était lui le blocage pour certains joueurs naguère coincés sous son ère qui se sont libérés avec à la clé une prestation aboutie comme ce fut le cas de Nicolas Jackson, l’attaquant de Chelsea (Premier League anglaise) trainait comme un boulet un doute né de ses apparitions furtives sous Cissé. Or, l’homme Jackson a montré hier qu’il marche à l’affect.
Et puis, sous l’ère Aliou Cissé certains cadres exaspérés par un système 3-5-2 qui étouffait leur inspiration ne cachaient pas leur mal être. Kalidou Koulibaly et Sadio Mané qui n’ont jamais manqué en privé de décrier ce système se sont montrés à leur avantage face au Malawi, grâce au système à quatre défenseurs qui apportaient de la plus-value offensive à l’image de Ismaïl Jacobs ou Formose Mendy même si la prestation de celui-ci a été chahutée par ses maladresses.
C’est vrai, il ne faut pas s’enflammer le Malawi n’est pas une terre de foot. Son classement de 133e au dernier classement de septembre de la Fifa le montre à suffisance. Et sauf miracle, mardi prochain sans aucun doute les «Flammes» seront éliminés de la Course à la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc (21décembre 2025-18 janvier 2026).
Pour l’instant, le nouveau «Pape» de la Tanière sait que rien ne lui sera donné pour argent comptant. On lui demande de conduire une équipe pour un temps bien déterminé et il lui faudra sortir les tripes pour s’attacher le respect des suiveurs de la tanière. «Je suis là pour une mission, j’espère l’accomplir», expliquait Pape Thiaw. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.