Par Djibril BA
Ingénieur agroeconomiste, Financier.
Président du mouvement PROGRES
Le mouvement PROGRES salue la volonté des autorités d’engager des réformes profondes pour une politique agricole plus cohérente et mieux adaptée aux réalités socio-économiques.
Dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), l’agriculture demeure un secteur stratégique de l’économie nationale et la principale source de subsistance de nombreux ménages dans les différentes localités du pays et le monde rural en général.
À ce titre, toute réforme ambitieuse du secteur suppose une maîtrise rigoureuse des statistiques agricoles, couvrant l’agriculture, la pêche, la sylviculture et la foresterie. La fiabilité des données conditionne en effet la planification des campagnes agricoles, l’organisation de la commercialisation et le développement durable des chaînes de valeur agroalimentaires.
Toutefois, à la date du 02 janvier 2026, la persistance d’importants volumes d’arachide stockés dans les points de consolidation interroge sur la qualité de la planification de la production et de la coordination entre les services techniques et les ministères en charge de l’Agriculture et du Commerce. Les rendements obtenus ont-ils été une surprise ? Qu’en est-il de la planification relative au financement de la campagne de commercialisation (producteurs, opérateurs et institutions financières) ? Quel est le nombre d’opérateurs privés stockeurs capables de tirer la production ? Existe-il des schémas contractuels entre acteurs ? Bref tout est lié et une interrelation entre les acteurs est indispensable pour le développement des chaines de valeur agricole et agroalimentaire.
Depuis plusieurs années, la fiabilité et la disponibilité des statistiques agricoles font l’objet de débats et de divergences entre les acteurs. Dans cette perspective, la dynamique du Jub Jubal Jubanti gagnerait à promouvoir un cadre inclusif et transparent, autour de la DAPSA, visant à harmoniser les méthodes de collecte, de traitement et de diffusion des données, en lien étroit avec l’ANSD. Le déficit de renforcement des capacités dans ce domaine explique en partie les difficultés persistantes d’accès à des données fiables pour la recherche et la planification du développement.
Néanmoins, le mouvement PROGRES note avec satisfaction une prise de conscience progressive des pouvoirs publics quant à l’importance d’une décision publique fondée sur des informations statistiques fiables et actualisées.
Les crises récentes : pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine et volatilité des prix alimentaires, ont mis en évidence la nécessité de disposer de données robustes pour les systèmes d’alerte précoce, la sécurité alimentaire et l’évaluation des politiques agricoles, notamment en matière de subventions et de stabilisation des prix.
Après deux années d’exercice, il devient impératif d’adopter une approche participative, rigoureuse et consensuelle dans la production des statistiques agricoles, tout en assurant une communication transparente et accessible à destination des populations et des acteurs du secteur, condition indispensable à la réussite des réformes engagées.
En définitive, la réussite des réformes agricoles repose sur l’instauration d’un cadre technique restreint réunissant des experts chargés d’un diagnostic rigoureux et harmonisé des méthodes de collecte et de traitement des statistiques agricoles. Cette démarche, fondée sur l’expertise, la rationalité et l’efficacité, s’avère plus pertinente que la multiplication de concertations de masse à faible valeur ajoutée. Des données fiables et cohérentes constituent ainsi le fondement indispensable de politiques agricoles crédibles, efficaces et durablement transformatrices.










