La parole est pouvoir. Elle est pouvoir de dire le bien ; le bien favorise la convivialité indispensable à la vie en société. La parole est aussi pouvoir de dire le mal ; le mal génère les dissensions nuisibles à la convivialité. Selon le sentiment qu’on porte dans le cœur, la parole produit donc soit le miel du rassemblement fraternel, soit le fiel de la division fratricide.
Chez nous aujourd’hui, grâce aux moyens de communication actuels, la parole de l’homme est devenue prolixe et redoutable ; elle est surtout devenue, plus que de raison, parole et jugement sur autrui. Or, parler d’autrui en son absence et le juger dans un sens qu’il n’approuverait pas est médisance ; Allah réprouve et réprime la médisance.
Au nom de la liberté d’expression ou d’opinion et de la démocratie, par le transfert de paroles d’autrui, dont nous vérifions rarement la véracité, dont nous ne préjugeons jamais des effets, ni ne nous préoccupons des conséquences néfastes, nous portons notre jugement sur des gens que nous ne connaissons parfois même pas. Dans un parti pris manifeste, nous incitons soit à aduler et élever au pinacle les uns, soit à honnir et vouer aux gémonies les autres.
Pourtant, la vérité de la parole nous est bien relative : ce que nous pensons et disons n’est peut-être pas exactement ce que les autres entendent, n’est probablement pas tel qu’ils le perçoivent ou ressentent, n’est sûrement pas tel qu’ils le comprennent ; et ce que nous croyons entendre et comprendre n’est peut-être pas exactement ce que les autres disent, n’est probablement pas tel que nous le percevons ou ressentons, n’est sûrement pas tel nous le comprenons.
La connaissance certaine des gens et la compréhension certaine de la parole proférée sont l’apanage d’Allah le Créateur.
© Tounk.A
Yaa Allah,
La quête de Ton agrément est effort permanent.
En tous lieux et circonstances, dote nous de la force suffisante pour ne pas proférer une parole susceptible de nuire à autrui.
Dote nous de la capacité de discernement nécessaire pour ne pas transférer une parole susceptible d’attenter à l’honneur ou à la dignité d’autrui, ni une parole qui incite à troubler l’ordre.
Par moments, lorsque la parole à proférer ou à transférer est de nature à semer la discorde, dote nous de la sagesse d’observer le silence.
Nous avons effectivement créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. (Sourate 50, Al Qaaf, verset 16)