Par Babou Biram Faye
Deux ans.
Deux ans après son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye n’est plus un symbole. Il est devenu un test. Un test pour le Sénégal.
Un test pour l’Afrique. Un test pour cette nouvelle génération de dirigeants qui promettaient de rompre avec l’ordre ancien. Car, ne nous trompons pas : ce qui se joue au Sénégal dépasse le Sénégal. C’est toute une recomposition géopolitique qui est en marche en Afrique de l’Ouest. Du Sahel aux capitales du Golfe de Guinée, une même aspiration monte : reprendre le contrôle.
Dans cette vague, le Président Bassirou Diomaye Faye a incarné une promesse : celle d’un État souverain, digne, affranchi des tutelles visibles et invisibles. Aujourd’hui, la question est brutale : la rupture est-elle réelle ou simplement narrative ? Oui, il y a des signaux forts. Un discours souverainiste assumé. Une volonté de redéfinir les partenariats. Une posture panafricaine qui tranche avec les prudences d’hier.
Mais dans le même temps, la réalité résiste. Le coût de la vie ne baisse pas. La jeunesse attend toujours. Les décisions tardent à produire des effets concrets. Et pendant que le pouvoir hésite à occuper le terrain médiatique, ses adversaires, eux, avancent. Puisqu’en politique, le vide n’existe pas. Il se remplit. Toujours.
Sur le plan géopolitique, la marge de manœuvre est étroite. Entre les institutions financières internationales, les partenaires traditionnels et les nouvelles puissances qui avancent leurs pions, le Sénégal marche sur une ligne de crête. Rompre, oui. Mais, sans rompre l’équilibre. Affirmer sa souveraineté, oui. Mais, sans fragiliser son économie.
C’est là toute la difficulté. Et c’est là que beaucoup échouent.
L’an 2 est donc un moment de vérité. Le temps des discours est terminé. Le temps des résultats a commencé.
Le peuple sénégalais n’a pas élu un espoir. Il a élu une transformation.
Et dans une Afrique en pleine mutation (du Mali au Burkina Faso, du Niger à d’autres), chaque expérience est observée, scrutée, comparée.
Le Sénégal peut réussir là où d’autres tâtonnent. Ou décevoir là où il était attendu comme modèle. Il n’y aura pas de troisième voie.
Ce qui se joue ici, ce n’est pas seulement un mandat. C’est une crédibilité historique. Et une vérité simple : les peuples africains ne veulent plus de promesses. Ils veulent des preuves.
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