Il paraît qu’une prime de 300 000 euros attend les joueurs béninois en cas de victoire en huitièmes de finale contre l’Égypte. Gernot Rohr dément l’information, mais ses hommes ne semblent pas moins motivés pour autant. Dans le groupe concocté par le sélectionneur allemand figurent huit joueurs qui étaient de l’aventure en 2019. À l’époque, ils s’étaient hissés jusqu’à un quart de finale historique en éliminant le Maroc avant d’être accueillis en héros à Cotonou pour leur retour. Ce sont ces hommes d’expérience qui font passer le discours dans le vestiaire : on l’a déjà fait, on peut le refaire.
Rodrigue Kossi n’a que 26 ans, mais il fait partie des sages, de ceux qui ont déjà goûté à la fièvre des quarts il y a six ans. « Sur cette deuxième CAN je sens que je n’ai pas de pression, sourit le milieu de terrain. J’ai le sentiment d’avoir déjà vécu cette une CAN 2019 avec une grande intensité. Celle-là, je l’accueille avec beaucoup de calme, de sérénité. Et aux coéquipiers qui jouent leur première CAN, je leur dis « tranquille ». J’essaie de leur passer un message positif pour dire qu’il n’y a pas de peur à avoir. »
Pourtant, Kossi n’a toujours pas disputé la moindre minute sous le maillot du Bénin depuis le début de la compétition. Mais son histoire avec la sélection et son état d’esprit lui confèrent un statut dans le vestiaire. « Je me sens très bien, insiste-t-il. Quand on vient en sélection, il faut tout d’abord avoir l’esprit d’équipe. Je suis un compétiteur, je dois penser à moi, à mon temps de jeu. Mais moi, je pense beaucoup plus à l’équipe. Tant qu’on fait de bonnes performances, tant qu’on gagne, qu’on avance ensemble, on représente le pays, le drapeau du Bénin, c’est ça qui compte le plus. »
Des mots qui entrent en résonnance avec le discours de Gernot Rohr. Le technicien allemand compte sur Jodel Dossou, Saturnin Allagbe, Rodrigue Fassinou… autant d’éléments qui étaient présents en 2019 mais qui ont moins de temps de jeu désormais. Ces derniers doivent planter une petite graine dans l’esprit de ceux qui sont alignés sur la feuille de match. « Ce sont des garçons qui sont vraiment très précieux pour notre groupe, apprécie Rohr. Ils disent “nous l’avons fait en Égypte contre le Maroc et on voudrait le refaire au Maroc contre l’Égypte” »
Une première victoire qui donne du baume au cœur
Les plus jeunes, comme Rodolfo Aloko, 19 ans, qui connaît ses premières sélections sur le front de l’attaque, en profitent au quotidien : « Ils nous donnent des conseils, nous motivent à donner le meilleur de nous-mêmes, à s’investir sur les séances d’entraînement, lance le jeune homme. (…) Ils nous poussent à aller plus loin. Notre capitaine (Steve Mounié) nous motive beaucoup. Les grands qui l’ont jouée déjà (la CAN) aussi. »
Après 2019, les Guépards ont encore marqué l’histoire en 2025. Autrement cette fois, grâce à la première victoire de leur histoire dans le tournoi contre le Bostwana. À l’époque de l’épopée, ils avaient atteint les quarts en enchaînant les matchs nuls. « Ça nous encourage pour demain (lundi), lâche Gernot Rohr. Parce que faire quelque chose de si important, gagner un premier match enfin, après, la cinquième participation du pays, ça donne confiance aux joueurs, ça donne confiance au staff. »
D’autant qu’au sein du groupe, le ressenti est qu’une seule victoire sur les trois matchs disputés n’est pas cher payé au terme de la phase de groupes. Notamment concernant la rencontre face à la RDC, lors de laquelle la VAR, en panne, a manqué de signaler un penalty en faveur du Bénin. Le sélectionneur a encore du mal à digérer, mais nul doute qu’une victoire contre l’Égypte lundi effacerait tout mauvais souvenir. RFI










