La polémique enfle autour de l’acquisition de 76 véhicules Prado destinés aux députés. Le député Thierno Alassane Sall a publiquement interpellé le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, sur les conditions d’achat de ces véhicules, dénonçant un manque de transparence. « À quel prix ont-ils été acquis ? Auprès de quel fournisseur ? Selon quelle procédure ? », s’est-il interrogé, rappelant qu’un journaliste avait été emprisonné pour avoir évoqué un fournisseur présumé.
Selon L’Observateur, la répartition du premier lot est déjà connue : 56 véhicules pour le groupe Pastef, 7 pour Takku Wallu, 7 pour les non-inscrits, 5 pour les députés vivant avec un handicap et 1 pour le président de l’Assemblée nationale. Les véhicules, actuellement stationnés à Batrain, devraient être livrés dans les prochains jours, tandis qu’un second lot est attendu.
Pour Thierno Alassane Sall, au-delà de la logistique parlementaire, le contexte économique rend cet investissement inopportun. Il rappelle la suppression de l’indemnité mensuelle de 900 000 FCFA et dénonce le revirement de Pastef sur la question, estimant qu’une solution plus responsable aurait été de maintenir cette indemnité et de laisser chaque député s’organiser selon ses moyens.
Le coût estimé à 54 millions FCFA par véhicule continue également de susciter l’indignation, tout comme l’absence d’implication formelle de la commission des finances, pourtant requise pour ce type d’investissement. Malgré les assurances du président de l’Assemblée nationale sur le respect des procédures de passation des marchés, les doutes persistent, récemment ravivés par le député de Pastef Mouramani Kaba Diakité, qui évoque une opacité persistante et des ponctions sur les indemnités sans livraison effective des véhicules ni validation parlementaire du marché.










