La crise couve au sein de PASTEF-Les Patriotes. Quelques heures seulement après l’annonce du Premier ministre Ousmane Sonko affirmant que le parti ne participerait pas au nouveau gouvernement, plusieurs personnalités réputées proches du parti et maintenues dans l’équipe gouvernementale d’Al Aminou Lô se retrouvent sous le feu des critiques de leurs propres bases militantes.
Après Yankhoba Diémé, dont la section départementale de Bignona a publiquement pris ses distances avec lui, c’est désormais Ibrahima Sy qui fait l’objet de vives contestations. Selon plusieurs sources concordantes, le ministre de la Santé et de l’Action sociale aurait été écarté de certaines instances locales de PASTEF à Podor. Son retrait des groupes de communication du parti dans le département est interprété par de nombreux militants comme une sanction politique liée à son maintien dans le gouvernement, en contradiction avec la ligne annoncée par la direction du parti.
Ces réactions illustrent les profondes interrogations qui traversent actuellement les rangs de PASTEF. Entre discipline partisane et responsabilités gouvernementales, le débat semble loin d’être tranché. Une partie de la base exige une application stricte des orientations définies par la direction, tandis que d’autres appellent à une lecture plus nuancée de la situation.
Au-delà des cas d’Ibrahima Sy et de Yankhoba Diémé, d’autres membres du gouvernement considérés comme membres de PASTEF sont également observés avec attention. Parmi eux figurent Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, ainsi qu’Alioune Dione. Leur présence au sein du nouvel exécutif continue d’alimenter les discussions et les spéculations au sein des structures du parti.
Pour l’heure, la direction nationale de PASTEF garde le silence. Aucun communiqué officiel n’a été publié concernant d’éventuelles mesures disciplinaires à l’encontre des responsables ayant accepté de servir dans le nouveau gouvernement. Cette absence de position officielle laisse place à toutes les interprétations et entretient un climat d’incertitude.
Une chose est certaine : la séquence politique ouverte par la formation du nouveau gouvernement pourrait constituer un véritable test de cohésion pour PASTEF, confronté à l’un des premiers grands défis internes de son histoire récente.









