Le temps d’un week-end, les bureaux ont laissé place à la réflexion. Réunis à Saly, les cadres de la Caisse de Sécurité Sociale (CSS) ont engagé une réflexion de fond sur l’impact du nouveau Code de la sécurité sociale sur les prestations servies par l’institution.
Pour Monsieur Saourou Mbodj, président de l’Amicale des cadres de la CSS, cette rencontre est loin d’être un simple rendez-vous de circonstance. Il y voit «une étape charnière», un moment privilégié pour prendre la mesure des mutations à venir et permettre aux cadres « d’assimiler les évolutions fondamentales induites par le nouveau Code unique de la sécurité sociale ».
Le changement de texte ne sera donc pas sans conséquences sur le fonctionnement de l’institution. «Il faudra forcément s’attendre à des transformations et à un changement de paradigme», prévient-il.

La réforme concerne également l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES). Sa présidente de l’Amicale des cadres, Madame Dabo Fatou Faye Diouf, relève que les deux institutions sœurs devront répondre à l’augmentation attendue du nombre d’usagers et à l’élargissement des prestations. Une évolution qui, selon elle, ne sera pas sans incidence sur les charges et les budgets des deux organismes.
Dans la salle de réunion d’un hôtel de Saly, les cadres de la CSS, venus de différentes régions du Sénégal, ont ainsi été invités à regarder au-delà des changements de textes pour mesurer leurs implications concrètes sur le fonctionnement de l’institution.
Représentant le Secrétaire général de la CSS, Madame Odette Tine, le Directeur des systèmes d’information (DSI), Monsieur Birane Ngom, a insisté sur l’ampleur de la réforme. « Le nouveau Code de sécurité sociale constitue une évolution majeure de notre dispositif de protection sociale », a-t-il déclaré.
Une évolution qui, selon lui, commande d’anticiper ses effets à tous les niveaux : « Il appelle une réflexion approfondie sur ses conséquences sur les prestations servies par la CSS, mais également sur notre organisation, nos processus, nos systèmes d’information et nos mécanismes de financement. »
Parmi les changements envisagés figure notamment l’allongement de la durée du congé de maternité. Une mesure qui renforce la protection accordée à la mère et à l’enfant, mais dont les implications doivent également être évaluées sur le plan financier.
Car derrière l’évolution des droits se pose inévitablement la question de leur financement. Si la durée d’indemnisation augmente sans progression correspondante des cotisations, l’institution devra mesurer avec précision les conséquences sur les dépenses de prestations, la trésorerie et, plus largement, l’équilibre financier des branches concernées.
À sa suite, Monsieur Pape Birama Diallo, représentant du Président du Conseil d’administration de la CSS, a donné le coup d’envoi des travaux. Dans son propos, il a invité les cadres à dépasser leur rôle de simples gestionnaires des prestations pour se muer en véritables ambassadeurs de l’universalisation de la protection sociale.

Un message qui prend tout son sens au regard de l’ambition assignée à ces deux journées de réflexion. À Saly, les cadres de la Caisse sont appelés à prendre du recul, à confronter leurs analyses et, surtout, à faire émerger des pistes de solutions concrètes.
Portant la voix du Président du Conseil d’administration, Monsieur Elimane Diouf, M. Pape Birama Diallo a ainsi exhorté les participants à aller au-delà du simple diagnostic. Il leur a demandé d’approfondir la réflexion pour faire de ces assises un véritable espace de production d’idées et de propositions. Avec une exigence : qu’au terme des travaux, des réponses concrètes puissent être déposées sur la table du Président dès lundi.
C’est dans cette dynamique que Monsieur Ngagne Diombokho, Directeur du Contrôle de gestion, a ouvert le volet technique des travaux avec une communication consacrée aux principales innovations introduites par le nouveau Code de sécurité sociale.
Son exposé est le fruit d’un important travail d’analyse comparative entre l’ancien et le nouveau dispositif. Une véritable plongée dans les textes, menée avec minutie, pour faire ressortir les évolutions, les ruptures et les nouvelles perspectives qu’offre le Code aux acteurs de la protection sociale.
Sa présentation a ouvert la voie à des échanges riches, nourris et parfois passionnés. Sous la modération de Monsieur Mor Diagne, les cadres ont confronté leurs lectures, partagé leurs expériences et questionné les implications concrètes du nouveau dispositif sur les prestations servies par la Caisse.
Le modérateur a, à cette occasion, invité l’Amicale des cadres à inscrire ce type de rencontres dans la durée et à multiplier les espaces de partage, de réflexion et de mise à niveau, au bénéfice de l’ensemble des agents de la Caisse de Sécurité Sociale.
Au-delà des discussions sur le nouveau Code, une conviction semble désormais s’imposer : les cadres de la CSS veulent faire de leur Amicale bien plus qu’un simple cadre de concertation. Ils ambitionnent d’en faire un véritable laboratoire de réflexion et de production intellectuelle, un espace où se construisent les connaissances, se croisent les expertises et se préparent les réponses aux défis futurs de la protection sociale.
Mor GAYE CCOM









