L’image est parlante. Le Premier ministre Amadou Ba, posture affligée est prostré, il a de la gêne. Autour de la table au palais de la République, le Président Macky Sall mène les débats face aux représentants du village de Ngor. Et au bout de la nuit, l’accord est trouvé entre l’Etat et les populations de Ngor. Le terrain de 6000 m2 est partagé en deux parties entre FDS et habitants du village lébou. Encore une fois, il a fallu l’entregent et le tact du Président Macky Sall pour détricoter les mailles d’un conflit qui a fait deux victimes innocentes. C’est comme si le costume de Premier ministre est trop ample pour les épaules pourtant élargies de Amadou l’enfant de Bayal, ce trou perdu de Grand-Dakar.
En haut lieu, cela prête à sourire que l’ancien ministre des Affaires étrangères s’embourbe dans ses dossiers, se montre maladroit dans ses prises de décision et avale des couleuvres sans état d’âme. A la primature, les affronts se multiplient pour Amadou Ba et ça ne va pas s’arrêter. Malgré sa capacité à mobiliser, comme ce fut le cas dimanche dernier au terrain des Parcelles Assainies où pour le compte de Xëyu Ndaw Ñi, il a réuni les jeunes pour leur parler avec son langage lourd et aérien d’énarque et de carrièriste carré.
Ses partisans le jugeaient apprêté pour le poste de Premier ministre, Amadou Ba n’en montre rien. Et le fait est que Président de la république Macky Sall s’arroge le droit de lui faire de l’ombre à chaque fois que des crises éclatent n’arrange pas les choses. Amadou Ba traine sa lourdeur partout et ne semble pas se complaindre. Ça lui va bien d’inaugurer des chrysanthèmes, de faire des déclarations d’intention comme hier lors du Conseil inter-ministériel consacré à la préparation de la Tabaski 2023. Sa perle résonne encore dans les oreilles des éleveurs. «Le gouvernement table par exemple sur un objectif de 810 000 têtes pour approvisionner le marché national en moutons ; 260 000 pour Dakar.» La parenthèse Tabaski est fermée. Fermez les guillemets.
Au rythme où vont les choses, Amadou Ba premier ministre de l’inutile va perdre tout crédit auprès de ses collaborateurs ministres. Même pour son estime personnelle, ce n’est pas gratifiant, son image pâlit, sa réputation en pâtit. Il peut se targuer d’entendre les gyrophares, toutes sirènes hurlantes escorter son cortège. Ça peut suffire, qui sait, à son bonheur. Lui se rend compte que le respect dû à son rang s’érode. Et cela compromet ses chances de prendre le relais, après le marathon de 12 ans du Président Macky Sall. S’il ne force pas le rythme pour prolonger le parcours. Amadou Ba ne fait rien pour sortir la tête de l’eau. Même s’il semble bénéficier à tort ou à raison d’une immunité médiatique qui l’absout de critiques féroces et objectives. Ce qui ne rend pas service à sa gestion de la Primature chahutée par un manque de dynamisme et une compétence peu avérée de la chose publique. Ou presque. Amadou Ba peut mieux faire et doit se ressaisir. S’il ne risque pas de passer pour le Premier ministre le plus fantoche sous l’ère Macky. Cela l’histoire le retiendra et ce ne sera pas compatible avec son immense pedigree. MTG