Ce grand prix pour Mohamed Mbougar Sarr est bien sûr un couronnement pour ce jeune écrivain de 31 ans et en même temps une évidence et la confirmation d’un talent depuis longtemps repéré.
C’est en effet dans les murs de RFI, en 2014, que l’auteur a été récompensé pour la première fois en remportant le concours de nouvelles Stéphane Hessel organisé par RFI. Ensuite, ce fils de médecin et l’aîné d’une fratrie de sept garçons, né à l’est de Dakar, n’a cessé de montrer l’étendue de sa plume.
Multiprimé pour ses trois romans précédents, Mohamed Mbougar Sarr atteint avec La plus secrète des mémoires des hommes un sommet dans l’art d’écrire puisque dans une fiction ample, ambitieuse où se relaient plusieurs genres littéraires, il pose la question majeure de l’écriture. Pourquoi, comment, et pour qui écrit-on ?
Du continent africain à l’Europe, en passant par l’Amérique du Sud, le romancier réussit à embrasser tous les écrivains chers à son cœur, à commencer par Yambo Ouologuem, auteur malien. Un livre inventif, exigeant, provocant, un livre magistral qui fera date.
Ils étaient quatre auteurs finalistes.
Désigné comme favori par les journalistes littéraires qu’a interrogés la revue Livres Hebdo, Mohamed Mbougar Sarr, 31 ans, semble avoir séduit plusieurs jurés avec « La plus secrète mémoire des hommes » (éditions Philippe Rey). « Milwaukee Blues » (éditions Sabine Wespieser) du Haïtien Louis-Philippe Dalembert semble partir de plus loin.
Sinon, le jury pourrait couronner Christine Angot avec « Le Voyage dans l’Est » (Flammarion) ou Sorj Chalandon avec « Enfant de salaud » (Grasset), deux romans considérés parmi les meilleurs de leurs auteurs respectifs.
Les chances de Christine Angot semblent avoir été compromises par le prix Médicis qu’elle vient tout juste de décrocher.
« Il ne faut pas oublier nos amis et alliés que sont les libraires. Si on donne deux prix à un seul livre, ça ne fait qu’un livre dans la vitrine », a affirmé le président du jury, Didier Decoin, lors d’un entretien à l’AFP.