Khassimou Bâ a frappé, encore frappé jusqu’au dernier râle. Il ne comptait plus les coups. « Je l’ai poignardée au pied, elle a crié, j’ai visé l’abdomen et j’ai continué jusqu’à ce qu’elle », avoue le présumé meurtrier. Mais le médecin légiste a pris son temps et a dénombré 37 coups de couteau assénés à Kiné Gaye. La victime qui a été poignardée à plusieurs reprises dans son box est décédée suite à de multiples « plaies pénétrantes thoraco-abdominales et au niveau des membres supérieurs et inférieurs associés à de nombreuses lésions viscérales et une hémorragie interne et externe massive », conclut le rapport du légiste de l’hôpital Le Dantec.
La sûreté urbaine qui gère l’enquête a procédé à l’arrestation du présumé assassin qui n’est personne d’autre que son collègue de travail Khassimou Ba, qui était le superviseur qui lui amenait l’argent nécessaire pour ses transactions. Les enquêteurs de la Sûreté de Dakar ne se sont pas focalisés sur la thèse d’une agression.
Après la fouille de la scène de crime par les éléments de la police scientifique, les enquêteurs ont établi la thèse de la proximité du meurtrier avec la victime.
En effet la cabine de Fatou Kiné n’a pas été forcée et pourtant elle s’est enfermée dedans. Ainsi les premiers soupçons se sont orientés sur son superviseur Khassimou Ba. Le plus bizarre est que Khassimou présentait des blessures à la main.
Au cours de son interrogation, les policiers ont noté une version différente de celle notée par la victime sur son carnet. En lieu et place de 2 millions Fcfa notés par Kiné Gaye, Khassimou disait lui avoir remis la somme 5 millions 500 mille Fcfa. Une différence qui a été confirmée par le propriétaire de l’agence et qui pousse les limiers à fouiller auprès de Khassimou.
À propos de sa blessure à la main, il dit être entré en transe après avoir découvert le corps de sa collègue. Cependant un de ses amis, entendu par les enquêteurs, estime que le présumé meurtrier présentait les blessures avant la découverte de la dépouille. Poussant leurs investigations, les policiers découvrent que c’est l’argent est le mobile du crime.
En effet, Khassimou devait baptiser son fils ce dimanche 22 mai 2022 et sa femme lui mettait la pression, jusqu’au jour du drame où il lui envoie un message pour lui dire que le problème d’argent a été réglé