Par Babou Biram FAYE
L’Inspection régionale des Eaux et Forêts de Kédougou a, formellement, démenti, ce mercredi, les accusations faisant état de prétendus tirs à balles réelles et de la noyade d’un individu, lors d’une intervention contre l’orpaillage clandestin, dans la zone de Tinkoto, dans la commune de Sabodala.
Dans une mise au point, l’Inspection régionale affirme que la mission menée le 21 septembre 2026 s’inscrivait dans le prolongement d’une procédure d’enquête ayant déjà conduit à l’arrestation de sept contrevenants, le 17 septembre dernier. La poursuite des investigations a, ensuite, permis d’identifier quatre autres individus présentés comme propriétaires d’un périmètre clandestin à Tinkoto.
Selon le rapport, un détachement a surpris, au niveau du village de Thiankoumbassa, un groupe d’individus en flagrant délit d’exploitation illégale dans une forêt galerie. Les agents ont constaté des opérations d’enlèvement frauduleux d’espèces forestières liées à l’orpaillage clandestin.
Une descente immédiate a permis la saisie du matériel utilisé sur le site. Pendant que le gros du détachement poursuivait sa route vers Tinkoto, où les quatre personnes recherchées ont été interpellées, deux agents des Eaux et Forêts sont restés sur place pour assurer la garde du matériel saisi. Les quatre personnes interpellées sont, selon l’Inspection, placées en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Kédougou.
Deux tirs de sommation en l’air
L’Inspection indique que les deux agents ont ensuite été confrontés à un attroupement d’orpailleurs clandestins qui ont tenté de récupérer par la force le matériel saisi.
Face à cette situation, un garde forestier a effectué deux tirs de sommation en l’air, que l’administration présente comme un usage proportionné de son arme de dotation dans un contexte de menace et d’infériorité numérique. Selon le rapport, ces tirs ont permis de repousser les assaillants et de maintenir le matériel sous contrôle jusqu’au retour du détachement.
L’ensemble du matériel saisi a ensuite été acheminé à l’Inspection régionale des Eaux et Forêts de Kédougou, où il est, actuellement, placé sous scellés et sécurisé.
L’Inspection réfute la thèse d’une noyade
Concernant les informations faisant état de la noyade d’un individu à la suite des tirs, l’Inspection régionale rejette catégoriquement cette version.
Elle affirme que « le site forestier concerné par l’incident ne comporte ni grands trous, ni plans d’eau profonds susceptibles, d’expliquer une noyade dans les circonstances rapportées ». L’administration qualifie, ainsi, l’information de fausse et de diffamatoire.
L’Inspection attire, par ailleurs, l’attention sur les risques liés à la configuration des sites d’orpaillage clandestin. Selon elle, les excavations abandonnées peuvent se remplir d’eau pendant l’hivernage et constituer des pièges dangereux pour les personnes qui fréquentent ces zones.
L’administration met en garde contre les «extrapolations rapides»
Dans sa mise au point, l’Inspection estime, également, que les incidents survenant dans un contexte de tension entre exploitants clandestins et forces de contrôle peuvent donner lieu à des interprétations ou à des accusations visant à contester les opérations de l’État.
Elle fait, notamment, référence à une opération menée, l’année précédente, à Kérékenko, dans la commune de Tomboronkoto, où des accusations similaires avaient été formulées après des tirs de sommation.
L’Inspection régionale des Eaux et Forêts dénonce, enfin, des accusations qu’elle juge diffamatoires à l’encontre de ses agents, rappelant « les risques auxquels ceux-ci sont, quotidiennement, exposés dans le cadre de la protection des ressources forestières ».
Elle annonce se réserver la possibilité de saisir les autorités judiciaires compétentes afin qu’une enquête puisse être ouverte contre les auteurs des accusations qu’elle considère comme des calomnies.
BBF










