C’est la nouvelle préoccupation qui habite le duo Diomaye–Sonko : la récupération du patrimoine foncier et bâti de l’Etat cédé «dans des conditions irrégulières». Hier, en Conseil des ministres, le Premier ministre est revenu sur les priorités gouvernementales. À cet égard, Ousmane Sonko «a donné aux ministres concernés des orientations en vue de la réduction du train de vie de l’Etat, avec notamment les démarches à entreprendre pour la récupération de son patrimoine foncier et bâti cédé à des privés dans des conditions irrégulières, alors que des services administratifs font recours à la location». Déjà, il y a quelques semaines, Ousmane Sonko avait sorti une note publique pour demander aux directeur de la société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’Etat (Sogepa SN) de lui faire un état des lieux, mais apparemment il n’a pas été satisfait de la réponse servie.
En tout cas, l’instruction de Sonko entre en droite ligne de sa posture d’opposant puisqu’en 2022, le non moins leader de Pastef alertait sur un «deal foncier» mettant en cause le président Macky Sall et son gouvernement qui avaient cédé à la famille Peretz une assiette foncière de 5 000 m2, en Centre- ville, dans des «conditions opaques». Selon les révélations de Sonko, L’Etat leur avait cédé six titres, dont l’ancien siège du Haut Commandement de la gendarmerie, soit une superficie totale de 4 722 m2, disons près de 5 000 m2 dans des conditions scandaleuses. En 2021, Abdoulaye Daouda Diallo ministre des Finances et du Budget annonçait devant les députés que le parc de l’Etat est constitué de 1695 bâtiments identifiés, compte non tenu des écoles et autres infrastructures publiques. Malheureusement, 67% de ce patrimoine sont vétustes. «Et sur ces 67%, 11% sont dans un état très vétuste. Voilà la situation du patrimoine que nous avons», a soutenu Abdoulaye Daouda Diallo avant d’indiquer que l’Etat continue à recenser les immeubles qui seront au fur et à mesure intégrés dans la comptabilité patrimoniale de l’Etat. Et c’est tout cela que le gouvernement Sonko devra régulariser sous peine de devoir régler des contentieux à n’en plus finir.