Le dimanche 23 août 2026, le Docteur Amadou Guéye Diouf a été rappelé à Dieu, laissant dans une profonde affliction sa famille, ses proches, ses confrères, ses patients et toute la communauté médicale sénégalaise.
Le bistouri est rangé à jamais, mais les mains qui l’ont porté avec tant de science, de conscience, d’empathie et de compassion ont laissé une empreinte durable.
À travers son parcours élogieux, le Docteur Amadou Guéye Diouf aura incarné l’excellence du médecin,la probité morale, la rigueur du chirurgien orthopédiste, le sens du service du responsable hospitalier et la discrétion du croyant profondément attaché à sa foi.
Amadou Guéye Diouf fut l’un des meilleurs élèves de sa génération, l’un des meilleurs étudiants en médecine de sa génération et, plus tard, l’un des chirurgiens orthopédistes les plus respectés de sa génération.
Mais au-delà de ses titres, de ses responsabilités et de ses compétences, il était surtout un homme de devoir, de fidélité et d’engagement au service des autres.
Très tôt, Amadou Guéye Diouf — affectueusement appelé Doudou Diouf — s’était distingué par son intelligence, sa discipline, ses compétences professionnelles et sa capacité à fédérer.
À l’université déjà, il imposait le respect non par le tumulte, mais par la qualité de sa parole et de sa constance dans la réthorique.
Dans les assemblées générales souvent animées, il savait prendre la parole avec calme, clarté et profondeur.
Son discours, toujours structuré, cohérent et argumenté, tranchait avec les vociférations et les passions du moment.
Amadou Guéye Diouf n’avait pas besoin d’élever la voix pour convaincre : sa pertinence et sa voix de contre alto suffisaient.
Brillant étudiant et leader syndical, il s’était engagé aux côtés des médecins en spécialisation pour défendre leurs conditions de formation, leur dignité et une meilleure organisation du système hospitalo-universitaire.
Déjà, se révélaient en lui les qualités qui ne le quitteraient jamais : une vision claire, le sens de l’intérêt collectif, la courtoisie dans les rapports humains, l’honnêteté et une sérénité peu commune.
Issu d’une lignée prestigieuse, petit-fils direct du dernier Buur Saloum Fodé Diouf et descendant, par sa mère feue Marie Diallo, sage-femme d’État, de Ndakhte Gaye Massar de Ndande.
Le docteur Amadou Guéye Diouf ne fit pourtant jamais de son ascendance un étendard.
Très jeune, il avait fait le choix de se définir avant tout par son appartenance spirituelle : celle d’un disciple de Serigne Touba, profondément attaché à l’enseignement et à l’héritage de Serigne Saliou Mbacké.
Cette fidélité spirituelle ne fut jamais seulement une profession de foi.
Elle inspira ses choix, orienta son parcours et donna un sens profond à son engagement professionnel.
En choisissant Touba comme lieu de stage après sa spécialisation en orthopédie aux côtés de son aîné Mouhamadou Moustapha Sourang , il exprimait déjà son désir de mettre son savoir et ses compétences au service de la communauté, dans l’esprit de Khadimou Rassoul.
Après quelques années dans la ville sainte, il regagna Dakar et intégra l’équipe du Professeur Seydina Issa Laye Seye, au service d’orthopédie de l’Hôpital Aristide le Dantec de Dakar.
Il poursuivit ensuite son chemin auprès du Professeur Mouhamadou Habib Sy, enseignant émérite reconnu pour sa rigueur, son exigence et sa profonde empathie envers les malades.
Lorsque, en mars 2003, fut entreprise la reconstruction du Service d’Orthopédie de HOGIP, devenu l’Hôpital Idrissa Pouye de Grand Yoff, le Docteur Amadou Guéye Diouf fut parmi les collaborateurs présents dès les premières heures.
Il accompagna cette œuvre avec engagement, fidélité et loyauté.
Dans les blocs opératoires comme auprès des patients, il se montrait consciencieux, appliqué, disponible et profondément humain.
Le Professeur Habib Sy a, avec émotion et justesse, décrit un « jeune collaborateur dévoué et travailleur », un chirurgien attentif à ses malades, un confrère loyal et un homme de bien. Il était également, selon les mots de son maître, « un musulman profondément attaché à sa foi, un bon talibé, discret et appliqué ». Ces qualités résument l’homme qu’il fut : compétent sans arrogance, engagé sans calcul, croyant sans ostentation et toujours attentif à la dignité de l’autre.
Nommé directeur d’hôpital, il poursuivit son œuvre de service avec la même abnégation.
Après avoir dirigé l’hôpital de Ourossogui , il fut directeur du Centre hospitalier national Matlaboul Fawzaïni de Touba de 2013 à 2017.
Dans ces fonctions acquises sur le mérite, le docteur Amadou Guéye Diouf demeura fidèle à lui-même : soucieux d’une meilleure organisation des soins, attentif aux patients comme aux personnels de santé, préoccupé par la qualité du service public hospitalier et profondément dévoué à la communauté.
À Matlaboul Fawzaïni, son engagement avait une résonance toute particulière. Il y voyait la possibilité de servir les populations, de contribuer à l’amélioration de l’offre de soins et de placer son expérience médicale et administrative au service d’une institution appelée à jouer un rôle majeur dans la prise en charge sanitaire à Touba.
L’évolution récente de cet hôpital, notamment avec l’ouverture d’un pôle moderne de six niveaux renforçant ses capacités d’accueil et ses infrastructures de soins, s’inscrit dans cette ambition d’un système hospitalier plus solide au service des populations.
Même dans la maladie, le Docteur Amadou Guéye Diouf n’avait cessé de s’intéresser au système de santé.
Il en parlait avec lucidité, profondeur et une tendresse particulière pour les malades, les jeunes médecins et les agents hospitaliers.
Le docteur Amadou Guéye Diouf savait identifier les faiblesses du système, mais il gardait surtout le souci de l’améliorer.
Chez lui, le médecin, le citoyen et le croyant ne faisaient qu’un.
Aujourd’hui, le bistouri est rangé à jamais.
Mais l’exemple demeure.
Il demeure celui d’un élève brillant, d’un étudiant d’exception, d’un chirurgien orthopédiste dévoué, d’un responsable hospitalier engagé, d’un syndicaliste respecté, d’un disciple fidèle et d’un homme entièrement tourné vers le service des autres.
Le Docteur Amadou Guéye Diouf laisse derrière lui une œuvre, une méthode et une leçon de vie : servir avec compétence, agir avec humilité, rester fidèle à ses convictions et placer l’intérêt de la communauté au-dessus de toute autre considération.
Repose en paix, Docteur Amadou Guéye Diouf.
Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, lui accorde Son pardon, illumine et élargisse sa tombe, accepte ses bonnes œuvres et l’accueille parmi les bienheureux de Son Paradis éternel, Al-Firdaws.
MBAYE DIOUF
Ancien Conseiller du Ministère de la Santé
Ancien responsable de la Cellule de Communication du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale









