Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre sous Macky Sall et figure reconnue pour son raffinement, semble aujourd’hui vouloir s’ériger en gardienne de l’éthique et de l’élégance politique. Sa cible : le Président Bassirou Diomaye Faye, accusé de «parti pris manifeste à l’endroit de Pastef » lors du dernier Conseil des ministres.
Se faisant l’écho d’une supposée inélégance, elle s’est exprimée sur le réseau X, affirmant :
«Jamais, dans notre histoire politique, un parti politique n’a été félicité en Conseil des ministres après une élection. Dès lors que le Chef de l’État ne pouvait s’en empêcher, l’élégance aurait voulu qu’il félicite, à tout le moins, toutes les listes en lice. Cela aurait été d’autant plus approprié que, par pure courtoisie républicaine, la majorité des listes avait félicité la liste gagnante.»
Un propos chargé de moralité, mais qui soulève des interrogations.
Le ton professoral adopté par Zahra Iyane Thiam, autoproclamée «professeure d’élégance», traduit moins une réelle volonté d’enrichir le débat public qu’une tentative d’occuper l’espace médiatique. Au lieu de contribuer à une réflexion profonde et apaisée, son intervention illustre un manichéisme simpliste, où la forme prime sur le fond.

Malheureusement, ce type de discours est symptomatique d’une tendance qui gangrène la sphère politique sénégalaise. Trop souvent, les prises de position sont dictées par des intérêts personnels ou partisans, au détriment des principes fondamentaux et de la bonne foi.
Pourtant, il y a peu, en février 2024, lors de la décision inattendue de Macky Sall de reporter l’élection présidentielle à trois semaines seulement du premier tour, Zahra Iyane Thiam était silencieuse. Ce report, jugé par beaucoup comme une « régression démocratique », n’avait alors suscité ni indignation ni appel à l’élégance de sa part. Installée dans les salons feutrés du Conseil des ministres, elle n’avait montré aucune des convictions qu’elle revendique aujourd’hui.
Que penser de ce brusque regain d’éthique ? Faut-il y voir une réponse à la perte de certains privilèges acquis dans un contexte largement contesté ?
Depuis l’écrasante victoire de Pastef aux dernières législatives, les citoyens sénégalais ont démontré leur lucidité face à des pratiques politiques souvent déconnectées de leurs réalités. Ceux qui s’acharnent à critiquer Bassirou Diomaye Faye ou Ousmane Sonko, tout en fermant les yeux sur les dérives du passé, ne font que perdre leur temps.
L’élégance politique, la vraie, ne se limite pas aux apparences ou aux beaux discours. Elle implique une constance dans les principes, une sincérité dans l’engagement et une capacité à faire preuve d’autocritique avant de donner des leçons.
Madame Thiam, n’est-ce pas là l’essence même de l’élégance ?
MTG