Le débat sur la qualité de la formation doctorale mérite d’être posé avec sérieux , lucidité et responsabilité.
Au delà du nombre croissant de titulaires du doctorat , une question essentielle se pose , celle du niveau réel de rigueur scientifique , méthodologique et rédactionnelle atteint au terme de ce parcours d’excellence.
Parce que le doctorat incarne le plus haut degré de formation universitaire , il doit demeurer exigeant , sélectif et pleinement tourné vers la production de connaissances nouvelles.
Aujourd’hui , il est nécessaire d’ouvrir une réflexion sérieuse et responsable sur le niveau de certains docteurs et doctorants dans notre pays.
Dans plusieurs espaces universitaires et professionnels , un constat revient avec insistance malgré le nombre croissant de personnes engagées dans des études doctorales , le niveau scientifique , méthodologique et rédactionnel de certains d’entre eux demeure préoccupant.
Ce constat ne doit pas être formulé dans un esprit de dénigrement , loin s’en faut , mais dans une logique de vérité , d’exigence et de responsabilité collective.
Le doctorat n’est pas seulement un titre académique , il représente l’un des plus hauts niveaux de formation universitaire , celui qui doit consacrer la rigueur , la capacité d’analyse , l’autonomie intellectuelle , la maîtrise de la recherche et la production de connaissances nouvelles.
Lorsque ces exigences ne sont pas atteintes , c’est l’image même du système universitaire qui se fragilise.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : un encadrement parfois insuffisant , un manque de préparation à la recherche dès les premiers cycles , des difficultés en rédaction académique , une faiblesse dans la lecture critique des travaux scientifiques , ainsi qu’un déficit de culture générale et scientifique chez certains étudiants.
À cela s’ajoute parfois une logique de validation formelle , où l’obtention du diplôme devient plus importante que la qualité réelle de la formation.
Il est donc urgent de renforcer les mécanismes de sélection , de suivi et d’accompagnement des doctorants.
Il faut davantage de rigueur à l’admission , plus d’exigence dans l’encadrement , et une véritable politique de remédiation pour les étudiants qui présentent des lacunes importantes.
Un doctorant ne devrait pas seulement être inscrit dans une école doctorale , il devrait être régulièrement évalué , soutenu , orienté et corrigé tout au long de son parcours.
De même , les docteurs déjà diplômés doivent être encouragés à continuer à se former , à améliorer leurs compétences , à publier , à participer aux séminaires scientifiques et à rester en lien etroit avec les standards internationaux de la recherche.
Les récentes sorties catastrophiques de certains ministres de la république docteurs ou doctorants occupant actuellement des postes stratégiques dans l’attelage gouvernemental en sont une illustration parfaite.
Il faut le dire , le savoir n’est jamais figé , il demande un effort permanent de mise à jour , d’humilité et de travail.
Si nous voulons une université crédible , utile et respectée , nous devons accepter de dire les choses clairement .
Le nombre ne doit jamais remplacer la qualité.
Former beaucoup de docteurs n’a de sens que si ces docteurs sont réellement compétents , rigoureux , capables d’innover et de contribuer au développement du pays.
Il est temps de remettre l’excellence , la discipline et la responsabilité au centre de la formation doctorale.

En définitive , rehausser la qualité de la formation doctorale n’est pas une option , mais une nécessité pour préserver la crédibilité de l’université et la valeur du titre de docteur.
Former moins dans l’apparence , mais mieux dans l’exigence , doit devenir un principe central afin que le doctorat demeure un véritable espace d’excellence , de rigueur et d’innovation au service du progrès scientifique et du développement national.
En somme, l’amélioration de la formation doctorale constitue un enjeu majeur pour la qualité de la recherche et la crédibilité des institutions universitaires.
Elle suppose une exigence accrue à chaque étape du parcours , depuis la sélection des candidats jusqu’à l’encadrement , l’évaluation et la soutenance.
C’est à ce prix que le doctorat pourra pleinement remplir sa mission scientifique, académique et sociale.
Ibrahima MBAYE
Conseiller en Management Stratégique et Juridique des Entreprises : Option Ressources Humaines









