La décision du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de délocaliser la célébration de la fête nationale du 4 avril 2026 à Thiès ne saurait être interprétée comme un simple acte symbolique ou conjoncturel. Elle s’inscrit, au contraire, dans une perspective stratégique de long terme, fondée sur une volonté affirmée de rééquilibrage territorial, de dynamisation économique décentralisée et de reconnaissance historique d’une région qui, depuis la période coloniale, a joué un rôle structurant dans la formation de l’espace économique, social et administratif du Sénégal moderne.
Avec une population estimée à plus de 2,5 millions d’habitants, la région de Thiès concentre à elle seule les troisième et quatrième départements les plus peuplés du pays, ce qui en fait un pôle démographique majeur. Cette centralité humaine se double d’une densité économique remarquable, portée par la présence d’infrastructures industrielles stratégiques telles que les Industries Chimiques du Sénégal (ICS), les phosphates de Thiès, la Nouvelle Société Textile du Sénégal (NSTS), ainsi que par la zone des Niayes, véritable grenier horticole national.
Par ailleurs, l’implantation d’institutions de formation d’excellence, à l’image de l’École Polytechnique de Thiès (EPT), de l’École Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA) et du Camp Michel, confère à la région un capital humain et institutionnel décisif, renforçant sa vocation de pôle structurant de l’intérieur du pays.
Dans ce contexte, l’organisation de la fête nationale à Thiès apparaît comme un puissant levier de stimulation directe du tissu économique local. Les petites et moyennes entreprises, notamment dans les secteurs de l’événementiel, du bâtiment, de la restauration, du transport, de l’artisanat et des services, pourraient bénéficier de retombées immédiates. Cette dynamique serait d’autant plus vertueuse que l’État y adosserait des mécanismes de préférence territoriale dans l’attribution des marchés publics, transformant ainsi l’événement en un véritable laboratoire de la commande publique inclusive. À cet égard, les Manufactures Sénégalaises des Arts Décoratifs de Thiès (MSAD) occupent une place singulière, en tant que patrimoine culturel national et outil de valorisation économique des métiers d’art, susceptibles de servir de vitrine du génie créatif sénégalais.
Au-delà de l’impact local, la portée de cette décentralisation s’inscrit dans une logique de projection nationale et internationale. Le positionnement géostratégique de Thiès, en lien avec les réserves offshore de Cayar, la proximité du port de Dakar et l’axe Dakar–Bamako, nourrit l’hypothèse d’un futur rôle de pôle pétrochimique et industriel majeur. Dans cette perspective, la visibilité médiatique, diplomatique et économique offerte par la fête nationale peut constituer un puissant signal d’attractivité à destination des investisseurs, en mettant en lumière les potentialités foncières, énergétiques et humaines de la région, tout en contribuant à inscrire Thiès dans les nouvelles chaînes de valeur industrielles du Sénégal émergent.
Toutefois, l’intérêt de cette décision ne saurait être apprécié uniquement à l’aune d’indicateurs macroéconomiques. Son efficacité réelle dépendra de sa capacité à produire des retombées sociales tangibles. L’événement peut ainsi favoriser l’insertion professionnelle des jeunes sans emploi, offrir de nouvelles opportunités économiques aux femmes commerçantes et justifier la mise en place de programmes de formation rapide dans les domaines de l’accueil, de la logistique, de la sécurité ou du numérique. Dans le même ordre d’idées, la capacité d’accueil de l’Hôpital régional de Thiès constitue un enjeu stratégique, dans la mesure où la mobilisation exceptionnelle de populations et de délégations pourrait servir de fondement à un renforcement durable de ses équipements biomédicaux, de ses plateaux techniques et de ses ressources humaines, laissant ainsi un héritage sanitaire structurant pour l’ensemble de la région.
Enfin, la signification profonde de cette délocalisation ne peut être dissociée de la dimension historique, culturelle et spirituelle de Thiès. La région est marquée par l’influence de figures religieuses et intellectuelles majeures telles que El Hadj Ahmed Baro Ndieguène, Serigne Saliou Touré, Abdoulaye Yakhine Diop et Thierno Djibril Wone, ainsi que par le rayonnement de Tivaouane, centre névralgique de la confrérie tidjane. La capitale du rail, ville du travail, des luttes syndicales et du patriotisme populaire, incarne une mémoire collective faite de résistances, de sacrifices et d’engagement civique. L’existence même des Manufactures Sénégalaises des Arts Décoratifs vient renforcer cette identité plurielle, consacrant Thiès comme un espace de convergence entre spiritualité, culture et création artistique.
Dès lors, en choisissant Thiès pour accueillir la célébration du 4 avril 2026, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye ne se contente pas d’opérer un déplacement géographique de la fête nationale ; il engage l’État dans une démarche de reconfiguration symbolique et territoriale, faisant de la commémoration un instrument de développement intégré, à la croisée de l’économie, de la culture, du social et de la santé. En ce sens, Thiès apparaît moins comme une simple ville hôte que comme le laboratoire d’un Sénégal renouvelé, fondé sur les principes de décentralisation réelle, de justice territoriale et de souveraineté inclusive.
C’est pourquoi le Mouvement PROGRÈS salue cette décision courageuse, qu’il considère comme un acte politique fort en faveur d’une gouvernance de proximité et d’une reconnaissance effective des territoires. Il réaffirme son soutien militant, total et sans réserve à cette dynamique de rupture, et appelle l’ensemble des citoyens à se mobiliser pour consolider un Sénégal souverain, solidaire et juste, fidèle à ses valeurs républicaines et à l’espérance de son peuple.
M.Djibril BA
Ingénieur agronome
Ingénieur Financier
MBA en Financial management
Président du mouvement PROGRES









