à Tivaouane comme dans les autres grandes cités de la Tijâniyya sénégalaise.
Ces récitals se distinguent par leurs grands interprètes, ces « ténors » de Tivaouane qui ont façonné une véritable école du « chant religieux », portant au plus loin la parole poétique et mystique. En une dizaine de jours à peine, l’école de Maodooffre ainsi à ses disciples un voyage dans un univers littéraire et mystique où se mêlent érudition et émotion spirituelle ; un soufisme apaisant et rafraîchissant, porteur d’un message de paix et d’amour universel qui rappelle l’essence même de l’islam.
Une philosophie de la transmission par la mélodie du coeur
Ce qui frappe, dans cette célébration, c’est la cohérence profonde entre le fond et la forme. Le Gamou de Tivaouane n’est pas seulement un moment de piété collective : c’est une pédagogie par la poésie, où chaque ode chantée qu’elle soit signée par Cheikh El Hadji Malick Sy lui-même, par Al-Bûsayrî ou par d’autres figures de la tradition soufie, vise à raviver dans le cœur des fidèles l’amour du Prophète et le sens de l’appartenance à une communauté spirituelle transnationale.
En choisissant d’honorer d’abord ses devanciers avant de faire entendre ses propres compositions, en tissant des liens littéraires entre Tivaouane, Le Caire, Fès, Tlemcen, l’Andalousie et le Sahara, Cheikh El Hadji Malick Sy a fait de sa ville, Tivaouane, un carrefour où mémoire et modernité, humilité et rayonnement international se conjuguent chaque année, à l’approche du Mawlid, dans les mêmes chants et mélodies repris par des générations de disciples, du Sénégal jusqu’à la diaspora.









